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29 septembre 2015

Colloque Unesco : L’islam spirituel et les défis contemporains

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28/09/2015

L’islam spirituel : une école pour la tolérance et la convivialité

L’ouverture a été faite par Ann-Belinda Preiss (Unesco), Mohamed Aissa ministre des affaires religieuses de la République Algérienne et cheikh Khaled Bentounès (Président fondateur AISA ONG Internationale). 

Tous les intégrismes imposent une lecture rigide des textes sacrés et du monde ; ils exigent que l’ordre qu’ils ont établi soit immuable.

Mohamed Aissa a dressé un tableau du Cheikh al-‘Alâwî comme réformateur humaniste dont la vision prospective suscite l’intérêt des nouvelles générations, constitue un apport précieux pour relever notre défi commun : le rétablissement de la confiance envers l’islam face aux extrémismes religieux.

Ann Belinda Preiss a insisté sur le fait que les leaders religieux ont une influence morale et qu’il existe une quête grandissante du sens de la vie, face à la violence qui elle, est la résultante d’une absence de spiritualité.

Cheikh Khaled Bentounes a rappelé l’importance de l’événement pour l’ordre soufi ‘Alâwî et l’opportunité de saisir cette occasion pour montrer l’autre visage de l’islam, d’œuvrer en faveur d’une humanité UNE dans le contexte d’un monde qui dérive vers un avenir incertain, sans âme.

Bariza Khiari (sénatrice de Paris) a conclu cette présentation en revenant sur la personnalité extraordinaire du Cheikh al-‘Alâwî,  maître spirituel ayant apporté à son siècle la paix entre toutes les créatures sans distinction, et une solidarité agissante. Elle a rappelé qu’il avait combattu l’extrémisme religieux.

Conférences et intervenants (matin) :

Ont été abordés successivement, la dimension universelle de la pensée du cheikh al-‘Alâwî (Denis Gril), l’apport de l’héritage prophétique dans la doctrine soufie (Tayeb Chouiref), l’investissement médiatique et journalistique, outils pour changer le monde (Yacine Benabid), l’influence du Cheikh sur les convertis français dès 1924, Valsan, Schuon, Buckardt …(Slimane Rezki),  les parallèles entre l’Emir Abd-el-Kader et le cheikh al- ‘Alâwî, deux soufis en avance sur leur temps (Neema Ghenim), la cosmologie chez le cheikh (Inès Safi).

Tous les intervenants reconnaissent l’universalité de  l’œuvre et des actions du cheikh al-‘Alâwî, sa modernité. Son enseignement ne s’adresse pas aux tenants d’une seule religion. En être universel, il contemple Dieu dans chaque chose, et la clé de la contemplation c’est l’homme universel que tout homme porte en lui.

De même, pour qui cherche à saisir ce qu’incarnait l’enseignement du prophète, défi de l’islam contemporain, son héritage est à même de nous aider à le relever. Enfin, ce spirituel a posé les éléments du débat contradictoire avec les moyens modernes de l’époque, dont le journalisme.

Son œuvre « Miftah al-shuhud – la clé du témoignage », est une vision du monde, à la fois inspiration, réflexion et science, avec un renversement de perspective, message porteur pour un temps à venir.

Les connaissances actuelles confirment les intuitions du Cheikh al-‘Alâwî.

Table ronde 1 (après-midi) : Soufisme et humanisme

Modérateur : Jean Pierre Perrin

“ Les soufis ont (…) promu l’humanisme spirituel qui manque tant à notre époque ; ils ont été, et demeurent, des passeurs entre les religions et les cultures. D’évidence, c’est cette ouverture que les intégristes islamistes combattent lorsqu’ils dénigrent et détruisent le patrimoine soufi, ses mausolées et ses manuscrits. »

Les conférenciers nous ont entretenu tour à tour, de la diversité comme condition du monde vivant et de l’humanisme (Boris Cyrulnik), de la dimension humaine de l’islam (Suad Hakim), des poètes persans comme maîtres de vie nous montrant la voie vers la paix, l’Amour et la réalisation de soi (Leili Anvar), de la promotion d’un humanisme spirituel par les soufis où réside le seul vrai espoir en l’homme (Eric Geoffroy).

Il a été affirmé que la seule réponse à l’islamisme n’est pas le soufisme, ou le bâtin (ésotérisme), mais le sécularisme de la religion. Les soufis sont des passeurs, ils montrent par leur enseignement l’humanité de l’islam,  défendent la diversité. Mais le soufisme nous invite aussi à nous battre et à débattre, et la poésie soufie est le lieu où l’on peut dire ce qui n’est pas possible avec les mots ordinaires.

Le cheikh Bentounès a clôturé le débat en mettant en garde contre le faux clivage qui oppose chiisme et sunnisme, lequel est exploité idéologiquement. Nous avons le devoir de dire à nos enfants que c’est l’islam.

Table ronde 2 (après-midi) : l’islam, une réforme nécessaire

Modérateur : Abdennour Bidar

L’idée de réforme est omniprésente en islam. Les premiers siècles de l’islam se caractérisent par une audace intellectuelle que ne soupçonnent pas la plupart des musulmans contemporains. Mais la pensée islamique, ouverte à l’évolution, a subi une lente dégénérescence dûe à l’usure du temps. Ne doit-on pas s’interroger sur les raisons qui font que les sociétés musulmanes ne parviennent toujours pas à pratiquer un aggiornamento pour relever les nombreux défis du monde contemporain ?

Les questions soulevées par cette thématique ont été abordées sous différents angles : l’inféodation du religieux au politique et le rôle que pourraient jouer les soufis  dans la réforme (Saad Khiari), donner à voir une autre réalité de l’islam (Dominique Reynié), la dimension universelle du message spirituel du cheikh al-‘Alâwî, la liberté de conscience et l’absence de tout prosélytisme  (Khaled Roumo).

L’islam est malade, « mais quand les hérétiques sont si nombreux, il faut s’interroger sur l’orthodoxie ».

Le temps de la réforme ou de la refondation de la pensée islamique est-il venu ?

Trois chantiers titanesques sont à ouvrir : celui de la liberté de conscience, de l’égalité ontologique des êtres, de la désacralisation de la violence. C’est un appel à sortir des clôtures dogmatiques dont parlait M. Arkoun, à dépasser les systèmes juridiques, qui a été lancé.

« Nos cœurs saignent devant l’actualité du monde », et nous devons prendre le risque de la liberté, avoir une direction pour sortir de l’insoutenable.

Abdennour Bidar nous incite à prendre ce risque pour trouver son propre chemin spirituel.

En soirée, spectacle « Ali Faïz, Qawali du Pakistan », en soutien au Vivre Ensemble.

29/09/2015

L’islam spirituel et le Vivre Ensemble

Interrogée sur l’islam, la majorité du public occidental répondra sans hésitation qu’elle voit en lui une religion intolérante et violente. L’actualité est en effet jalonnée d’actes criminels commis ici et là en son nom.

Mais l’islam a cependant donné naissance à une tradition authentiquement spirituelle et universelle : le soufisme. Fondée sur les principes de l’amour divin et de la sacralité de la vie, l’expérience soufie a inspiré les plus grands penseurs.

Conférences et intervenants (matin) :

Les trois conférences ont permis de faire le lien avec la chose publique, le féminin et le féminisme. Elles ont été aussi l’occasion de s’intéresser à la place de l’islam au sein de sociétés majoritairement sécularisées, au rôle que pourrait jouer l’islam spirituel dans le développement de la citoyenneté.

« Farouchement républicaine mais sereinement laïque », Bariza Khiari a ouvert les voies du possible. Pour elle, l’islam est devenu un sujet politique alors qu’il est une spiritualité. Le soufisme parce qu’il permet l’abstraction dans la méditation et un ancrage dans le réel, favorise l’ouverture du cœur tout en étant dans la cité.

Quant à l’histoire de l’islam en France rapportée par Sadek Sellam, elle a été longtemps négligée. Son étude nous révèle l’existence d’un courant spirituel musulman dès le XIX° siècle, dans une élite (l’Emir Abd-el-Kader et ses compagnons et des exilés de l’empire Ottoman), qui s’est renforcé au XX° siècle, notamment après la première guerre mondiale (voies soufies). La notion de djihad a été utilisée par l’armée française pour combattre l’ennemi allemand ! Cet islam spirituel en France a coexisté pacifiquement avec les réformateurs.

Edwy Plenel a insisté sur la nécessité en ces temps alarmants de parler de « Nous », c’est-à-dire de la relation dialectique dans laquelle s’inscrit l’islam de France. Ce contexte nous incite à trouver un chemin d’élévation, un idéal, qui est la démocratie, une démocratie vivante ayant le souci des minorités, et à ne pas rester passifs, car « pire que les bruits de bottes, il y a le silence des pantoufles ». On ne doit pas oublier que la loi de 1905 a été une grande avancée, celle de la reconnaissance en France, des religions et des opinions religieuses, de leur égalité.

Ce qu’il est ressorti de l’intervention de Tareq Oubrou, c’est que le soufisme est une initiation à l’altérité. Le mot « altération » en islam signifie « don », le fait d’être disponible, de laisser une place à l’autre dans la réalisation de son propre être. Il y a aujourd’hui une fixation sur la norme extérieure au détriment de l’intériorité du message.

Pour Wassyla Tamzali, qui revendique le fait d’être libre penseur et musulmane, nous devons agir sur l’éducation et créer des alliances. En tant que féministe, elle reconnaît que le message d’égalité entre les hommes et les femmes n’a pas abouti.

Issam Toualbi Thaâlibi a affirmé que les voies du Tajdid (renouveau) et de l’ijtihad (effort d’interprétation) sont ouvertes et que dans le passé, des solutions novatrices ont pu être proposées.

Table ronde 1 (après-midi) : Le soufisme une voie de recours ?

Modérateur : Khaled Roumo

Pour Cheikha Nur Artilan, le soufisme peut apporter des réponses aux problèmes de la société. Mais tout commence avec la justice, et d’abord la justice envers soi.

Cheikh Mestaoui a parlé de la gravité des circonstances et de l’urgence d’agir face à l’humanité qui souffre.

Le Dr Ouazzani affirme que l’éducation soufie nous éloigne de notre côté animal.

Khaled Roumo s’est dit impressionné par la découverte au cours de ces deux journées de trésors cachés, des ressources qui existent dans la communauté musulmane et que nous ignorons, pour aller vers la paix et contribuer au vivre ensemble.

Mutafa Ceric a vu des signes positifs dans ses méditations, lesquels nous encouragent notamment à aller vers le pardon sans attendre le geste de l’autre et à nous respecter d’abord nous-mêmes pour être respectés.

Pour Sheikh Bahauddin Adil, la signification du soufisme, c’est l’Humain.

Table ronde 2 (après-midi) : Vivre Ensemble, c’est faire ensemble

Modérateur : Philippe Dessaint

S’il fallait résumer cette table-ronde, ce serait en deux mots : l’action et la paix. Qu’est-ce à dire ? Agir pour instaurer la paix. Oui, mais d’abord dans les esprits et les cœurs.

François-Paul Blanc dit : « si l’islam ne se réforme pas, il sera difficile de vivre ensemble, car vivre ensemble, c’est partager du droit ».

Quant à Bernard Montaud, il affirme que nous avons tous un rôle à jouer au niveau du manque de foi du monde.

Mohamed Nadir Aziza apporte son soutien à la journée du vivre ensemble ainsi qu’au prix Emir Abd el-Kader qui sera dévolu à la promotion du vivre ensemble dans la méditerranée et dans le monde. Il sera créé en novembre en Algérie, à Mascara ville où l’Emir reçut le serment de ses compagnons pour la défense de la liberté.

Pour Cheikh Khaled Bentounes, vivre ensemble et faire ensemble vient du plus profond de la conscience, pas de la raison. Car aujourd’hui, la raison déraisonne et la sagesse déménage. Si on revient vers ce qui a été proclamé, écrit par l’ONU depuis sa création et les réalisations accomplies, on constate la lenteur du processus de changement.

Il y a eu deux guerres mondiales et nous trébuchons encore… Il faut donc repenser le problème. Aller plus loin que la célébration des 100 ans de l’ordre soufi Alâwî… Les musulmans disent « on ne peut pas construire seuls la maison de la paix ». Le vivre ensemble et le faire ensemble demandent une volonté et un désir profond.

La fraternité ne s’impose pas, c’est la source pour retrouver le sens de l’humain et donner du sens au monde.

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