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Notre Message l’Espérance. Notre Voie la Paix. Notre Choix le Mieux Vivre Ensemble.

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L'espace égyptien, où la voie soufre des Shâdhilis a vu le jour, est riche des sanctuaires de ses trois premiers maîtres ; Abû l-Hasan al-Shâdhilî, Abû l-'Abbâs al-Mursî et Ibn 'Atâ'Allâh. La Shâdhiliyya, fondée au XIIIe siècle, a pourtant une origine maghrébine. En effet, Ibn Mashîsh, l'ermite du Rif marocain, transmit son "secret" à son unique disciple, al-Shâdhilî, qui hérita également d'Abû Madyan, le saint de Tlemcen. Voie royale au Maghreb et au Proche-Orient, la Shâdhiliyya s'est diffusée dans une grande partie du monde musulman. Profondément ancrée dans les sources scripturaires de l'islam, elle a attiré maints oulémas de renom. Elle dispense un enseignement initiatique dense, et a su expliciter celui d'Ibn 'Arabî, si controversé en milieu exotériste. Fruit d'un colloque qui s'est tenu à la Bibliothèque d'Alexandrie, cet ouvrage suit la Shâdhiliyya dans ses développements doctrinaux et son extension spatio-temporelle. La voie est présente depuis près d'un siècle en Occident, et a entraîné dans son sillage des intellectuels tels que René Guénon, qui contribuent, de nos jours encore, à faire connaître le patrimoine soufi universel.

Le colloque d’Alexandrie (avril 2003) puis la publication de l’ouvrage n’auraient pas été possibles sans l’aide et le soutien de Jean-Yves Empereur et du Centre d’Etudes Alexandrines (Alexandrie), la Bibliotheca Alexandrina (Alexandrie), le CNRS (Paris), le Ministère de la Recherche (Paris), Mme Rosa Guerreiro dans le cadre du programme interreligieux de l’UNESCO, le Ministère des Affaires Etrangères (Paris), M. Ali El Samman (Le Caire – Paris), le Centre d’Etudes des Religions du Livre (Sorbonne), la Maison des Sciences de l’Homme (Paris).

« Ô ‘Alî, va en Ifrîqiyâ (actuelle Tunisie) et habite là-bas un lieu qui s’appelle Shâdhila, car Dieu t’a nommé ’’al-Shâdhilî’’. Après cela, tu iras à Tunis où tu seras malmené par le pouvoir en place. Ensuite, tu te rendras en Égypte où tu hériteras de la fonction de Pôle ».
Ainsi parla ‘Abd al-Salâm Ibn Mashîsh, l’ermite du Rif marocain, à son unique disciple ‘Alî Abû l-Hasan, lui dévoilant les grands traits de son périple à la fois géographique et initiatique. Nous sommes en 618/1221. Le jeune Abû l-Hasan, originaire de cette région du Nord marocain, revient alors d’un premier voyage en Orient, où il est parti en quête du « Pôle de son temps » : c’est en Irak qu’un cheikh lui confia que le Pôle se trouve chez lui, au Maroc. Après avoir pris congé de son maître, Abû l-Hasan vit bientôt en ermite, avec un compagnon, dans les montagnes avoisinant le bourg de Shâdhila (entre Tunis et Kairouan). À l’issue de cette retraite, il « revient » auprès des hommes à Tunis, où il s’attache de nombreux disciples. Son succès croissant suscite la jalousie du cadi de la ville et, par suite la méfiance du sultan local. En 642/1244, il émigre donc vers l’Égypte avec certains de ses disciples. Parmi eux figure Abû l-‘Abbâs al-Mursî – son futur successeur – jeune Andalou ayant fui la Reconquista pour rencontrer son maître à Tunis, à la suite de visions. Al-Shâdhilî laisse à Tunis un foyer très vivant.
Le sultan ayyoubide d’Égypte se montre bienveillant à l’égard de son hôte, et lui octroie à Alexandrie une tour de l’enceinte. Au VIIe/XIIIe siècle, Alexandrie dispose d’atouts évidents, qui attirent notamment les musulmans d’Occident (Espagne, Maghreb). Pour al-Shâdhilî comme pour d’autres soufis avant lui, la ville devient une escale définitive. De là, le maître parcourt presque chaque année l’Égypte du nord au sud pour enseigner et répandre sa voie initiatique (tarîqa), et se rendre au Pèlerinage. C’est sur cette route qu’il meurt en 656/1258, à Humaytharâ, dans le désert du Sud-Est égyptien. Cette date est aussi celle de la chute de Bagdad sous les coups des Mongols : le centre vital du monde musulman se déplace vers l’Égypte, où le calife abbasside déchu est accueilli par les Mamelouks. Ceux-ci instaurent unePax islamica dans l’ensemble du Proche-Orient, s’érigeant en défenseurs de l’islam et en promoteurs du soufisme. Le successeur d’al-Shâdhilî, al-Mursî, ne cesse à son tour de parcourir le pays du Nil pour former des disciples et délivrer le message de la Shâdhiliyya naissante ; grâce à son orthodoxie foncière, celui-ci reçoit un écho très favorable dans le milieu des ulémas. Al-Mursî meurt à Alexandrie en 686/1287, et les mosquées qui furent édifiées sur sa tombe et celles de quelques disciples majeurs en bord de mer sont un des hauts lieux de la vie religieuse en cette ville.
Le troisième maître de la Shâdhiliyya, Ibn ‘Atâ’ Allâh (m. 709/1309), est un natif d’Alexandrie. Âgé de dix-sept ans, alors qu’il étudie les sciences religieuses, il rencontre al-Mursî, ce qui bouleverse sa vie. Par la suite, il garde ce double profil de savant (‘âlim) et de soufi : au Caire, il enseigne conjointement le droit (fiqh) et le soufisme (tasawwuf), confortant ainsi l’ancrage de la Shâdhiliyya chez les ulémas. Son souci de la pédagogie spirituelle lui acquiert une grande audience, et son œuvre écrite, qui formule la doctrine de cette voie, dépasse bientôt les seuls milieux shâdhilis ou même soufis pour rayonner dans le monde musulman. Bien qu’une branche alexandrine ait continué à fonctionner en parallèle, la Shâdhiliyya prend dès lors son essor depuis la grande métropole islamique qu’est devenu Le Caire.
Une des premières destinées de la Shâdhiliyya sera de retourner à sa source, le Maroc, au VIIIe/XVIe siècle, avant de couvrir l’ensemble du Maghreb. Au-delà, c’est une autre histoire… l’histoire d’une expansion qui, précisément, est présentée dans ce volume, conjointement aux doctrines spirituelles de la voie.